Women want to be heard : amplifier les voix des rappeuses !
Direction le Finistère pour échanger avec Laëtita Dagorn, fondatrice de Locamusics Records et les participantes du Women want to be heard, 4ième édition de ce bootcamp, rap & slam, en cours jusqu’à juin 2025.

Women want to be heard est dédié à l’accompagnement de rappeuses ou slameuses et à la promotion de cette scène hip-hop émergente et créative. En leur offrant des opportunités pour développer leur créativité au sein d’un collectif soutenant, leur visibilité et leurs connexions, Women to be Heard contribue à déconstruire les barrières et à encourager une représentation plus équilibrée dans le rap. Parce que le talent ne connaît pas de genre, il est temps d’accorder aux rappeuses la place qui permettra de faire émerger de nouveaux discours dans le rap et les musiques urbaines : au centre de la scène !
Entretien avec Laëtitia Dagorn
Les ambitions de Women to be heard en 3 mots qui vous ressemblent :
- Evolution : Derrière le mot évolution il y a la volonté de sortir de la solitude ou de l’entre soi, la volonté de venir chercher des outils pour avancer dans sa pratique artistique, rencontrer des professionnel·les du monde de la musique, prendre du temps pour donner de la considération à ses projets personnels, faire des concerts, confronter la théorie et la pratique.
- Sécurité : Les participantes de Women to be heard se sentent plus en confiance d’évoluer au sein d’un collectif respectueux, où chacune peut tester sa pratique sans jugement. Elles évoquent aussi l’affaire Gisèle Pelicot et P. Diddy qui leur a fait prendre conscience des risques que comporte ce métier mais aussi les attitudes inacceptables vis à vis des femmes.
- Soutien : Elles soulignent ici la bienveillance, l’entraide, le soutien. La possibilité d’avancer à son rythme, apprendre des autres, le respect des propositions artistiques de chacune.
Comment et pourquoi et né Women to be heard :
L’idée du Boostcamp a germé durant le confinement. Un temps propice aux réflexions, aux bilans et aux constats qu’elles soient sur ma pratique artistique à titre personnel ou sur la représentativité des femmes dans les musiques urbaines à ce moment. Dans les deux cas, cela n’avait rien de satisfaisant alors j’ai lancé un questionnaire en ligne pour récolter les avis et à ma grande surprise 102 artistes féminines ont répondu.
J’ai commencé à imaginer un programme collectif car à ce moment-là, je venais d’entrer dans l’incubateur » Led by Her » qui est à destination des femmes entrepreneuses. Je voyais nos échanges, notre besoin de discuter de nos projets, l’impression d’avoir un espace à nous, cela a fait tilt sur la nécessité du collectif.
Pour le contenu, j’ai inventorié tout ce qui m’avait manqué dans ma pratique, en plus des retours des 102 artistes qui avaient répondu au questionnaire. Et, j’ai commencé à écrire le programme.
Entre temps, j’ai pris connaissance du tremplin Rappeuz. J’ai passé les auditions à Paris pour m’assurer du processus bienveillant pour les futures participantes, puis je leur ai demandé d’être partenaire ce qu’ils ont accepté. Puis, j’ai frappé aux portes de La Carène, scène de musiques actuelles de Brest, avec le questionnaire, le déroulé du programme et le partenariat Rappeuz et aujourd’hui nous sommes à la 4ème saison !
Quelque chose qui t’enthousiasme particulièrement quand tu penses à l’aventure de Women to be heard ?
Chaque année nous avons plus de candidates. La première saison a commencé avec 5 personnes. Pour cette 4ème saison, nous avons 13 candidates, beaucoup viennent par recommandations et cela fait vraiment plaisir ! Cette année également, nous ne sommes plus uniquement à Brest, mais à Quimper au Novomax car les participantes viennent de Brest, de Quimperlé, de Daoulas , de Saint Brieuc et de Quimper.
Un coup de cœur sur les questions d’égalité, qui t’inspire ?
En début d’année, nous essayons de travailler la cohésion du groupe par une activité commune. Cette année le Novomax a offert à toutes les participantes des places pour le concert de Fanny Polly et Eesah Yasuké. Nous connaissions Eesah à travers You tube ou Instagram et bien sûr avec le tremplin Rappeuz mais là nous l’avons découverte sur scène ensemble. Son album et son set sont vraiment du beau travail et nous avons toutes été unanimes. Elle est un espoir pour le rap, sa capacité d’introspection, son style d’écriture, sa signature vocale, l’énergie qu’elle dégage sur scène font d’elle une artiste accomplie qui va apporter un renouveau et une vague de changement. Oui, rien que ça ! 😉
Locamusics Records

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