Ladies on stage : Une parenthèse de sororité et de solidarité musicale
Agir pour la visibilité des musiciennes, voilà ce qui a conduit le Combo 95 réseau départemental dédié aux musiques actuelles et sa directrice Ingrid Etienne, à créer en 2022, « Ladies on stage » !
Mené en partenariat avec La Cave, les Studios 240 et l’EMB, il prend son inspiration dans le Val-d’Oise !

© Photos Alex Heyoka
Durant 7 mois, 7 artistes d’esthétiques différentes se soutiendront et se conseilleront les unes et les autres accompagnées par la musicienne Sainte Nicole et Gauthier Benoît (Call Me Femcee / RappeuZ), qui ont tous deux participé à l’élaboration de ce dispositif. Un programme en 4 étapes a été concocté : une rencontre et première prestation pour se découvrir, un moment de création en studio puis un Live Show où la scénographie sera travaillée.
Cette belle aventure se clôture bien sûr, par un concert !
Rencontre avec
Ingrid Etienne
Les ambitions de Ladies on stage en 3 mots qui vous ressemblent ?
- Visibilité.
Combattre l’invisibilité que les femmes ont connue dans l’histoire depuis des décennies. Combattre les phrases « derrière chaque grand homme se cache une femme ». La femme ne se cache plus, elle est bien là, bien présente. Il faut continuer à se battre pour que les scènes se féminisent.
- Sororité
Aucune compétition ni concurrence, les mots d’ordre sont la bienveillance, l’entraide, le partage. Le souhait est de créer une sorte d’osmose et de cocon pour que chaque musicienne puisse s’exprimer. La sororité est en lien avec le prochain mot : légitimité.
- Légitimité
Le syndrome de l’imposteur est très courant pour les musiciennes. Nous le combattons chaque jour. La légitimité nous la gagnons ensemble step by step. Ce sujet sera je l’espère bientôt derrière nous.
Comment et pourquoi et né Ladies on stage ?
Ladies On Stage est né d’un constat. Le manque de visibilité des femmes sur scènes en tant que musiciennes mais également en tant que Lead de leur propre projet. Ce constat nous l’avons établi lors d’échanges avec Gauthier Benoit (Rappeuz, Call me Femcee), qui travaillait à l’époque au Combo 95. Il m’a convié à une rencontre, un 8 mars, cela ne s’invente pas avec Sainte Nicole au Cancan Pigalle. Ce fut une évidence.
C’était avec cette artiste que nous souhaitions lancer le projet de non-mixité. Le choix des adhérents s’est opéré sur le territoire du SOLIMA (Schéma d’Orientation des Lieux de Musiques Actuelles). Nous avons organisé une réunion avec trois structures adhérentes du territoire boucle Nord de Seine – la Cave d’Argenteuil, Studios 240 de Cormeilles et l’EMB de Sannois, pour leur exposer le projet.
Cela a tout de suite créé de l’enthousiasme. Le projet Ladies On Stage était lancé. Il fallait désormais mettre en place la première édition.

Ladies On Stage est né d’un constat. Le manque de visibilité des femmes sur scènes en tant que musiciennes mais également en tant que Lead de leur propre projet.
Quelque chose qui vous enthousiasme particulièrement quand vous pensez à l’aventure de Ladies on stage ?
La bienveillance. C’est le mot qui est ressorti dès le début des rencontres entre les musiciennes. L’évidence du projet s’est matérialisée très rapidement au regard des échanges qui ont pu avoir lieu entre chaque participante. Une bouffée d’air, un espace créé pour être soi-même entre sœur de parcours.
Qu’est-ce qui vous a semblé plus difficile, qui a fait débat ou qui vous a questionné dans la mise en œuvre de ce projet ?
Mettre en place un projet de non-mixité n’est jamais aisé. Encore plus quand on est un réseau. Cette idée a germé dès mon arrivée au poste de direction. Pour mon équipe et pour moi, cette action étant une évidence, nous avons déployé tous les argumentaires pour que ce projet puisse voir le jour.
Ainsi, nous avons débuté, sur le territoire, en septembre 2022 avec sept musiciennes
Un ou des coups de cœur sur les questions d’égalité, qui vous inspire(nt) en ce moment ?
Il y en a plusieurs. J’aime beaucoup le festival Elfondurock à Marcoussis, qui existe depuis 28 ans. Sa raison féministe est née au son de « I’m just a girl » de No Doubt et bien avant le mouvement me too.
En savoir plus sur Ladies on Stage

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